Zoo - 2007

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"What happens when

who we appear to be

is different from who we are ?"

Zoo de Robinson Devor, 2007

Introduction

Il s'agit d'un documentaire, sorti en janvier 2007, réalisé par Robinson Devor.

Il a suscité pas mal de réactions de la part du public lors de sa sortie, on peut trouver un micro trottoir, ou plutôt un micro bus (en anglais) sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=D9WwBKAmTto

Il est basé sur un fait réel, datant de juillet 2005, concernant un homme (surnommé MrHands) qui est décédé d'une hémorragie interne suite à une relation sexuelle avec un étalon.

Le titre annoncé était celui de "In the Forest There is Every Kind of Bird" (Il y a tous les genres d'oiseaux dans la forêt) puis a été changé pour "Zoo".[1]

Bande annonce

<object width="320" height="300"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/M0l1Z3sZCf4"></param><param name="wmode" value="transparent"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/M0l1Z3sZCf4" type="application/x-shockwave-flash" wmode="transparent" width="320" height="300"></embed></object> Lien vers la vidéo sur YouTube:
http://www.youtube.com/watch?v=M0l1Z3sZCf4

Diffusion

Sa première diffusion a eu lieu lors d'un festival américain, initié par Robert Redford, afin de récompenser le cinéma indépendant américain.

Il a été diffusé pour la première fois en France les dimanche 20 et lundi 21 mai 2007, dans le cadre de la quinzaine des réalisateurs, au Festival de Cannes. Au final : de nombreux applaudissements et quelques huées.

La présentation du documentaire sur Paris Première


La première projection "publique" s'est faite à Paris, le dimanche 3 juin 2007, au cinéma "Le cinéma des cinéastes", à 21h.

Dossier de Presse

Nous avons pu nous procurer le dossier de presse distribué lors de la présentation de ce film à Cannes.
Télécharger le dossier de Presse

Notre avis

Nous avons été plusieurs zoo à nous rendre sur place, lors de la première française, pour découvrir ce documentaire que la critique annoncait comme "pro zoophile".
Nos avis sont très mitigés.

Tout d'abord une vision critique du documentaire en lui-même : il est assez confus mais la trame de fond pourrait être celle-ci :

  • présentation des personnages (le groupe autour de M. Hand, les propriétaires du Ranch, l'association qui va récupérer les chevaux)
  • l'accident
  • la réaction des médias vue de l'intérieur ("Vous avez déjà vu CNN envoyer un hélicoptère survoler une propriété pour une mort accidentelle ?")
  • l'arrestation pour homicide des protagonistes
  • le sauvetage des chevaux
  • le point de vue de la sauveteuse

Le documentaire comporte une musique de fond incessante, et les images sont purement des images d'illustrations. Tous les personnages sont joués par des acteurs, sauf 2 : la sauveteuse et Coyote.

La beuverie

Ensuite, la partie traitant de la zoophilie à proprement parler. C'est là que le documentaire pose soucis. Les commentaires du premier protagoniste, le zoophile qui visiblement loue une maison dans le ranch (celui qui possède plusieurs chevaux et des taureaux) (à voir si deux endroits différents), décrit son mode de vie comme assez fêtard : ils se réunissent le weekend entre 8 et 15, chacun apporte de la bouffe, et surtout, de la bière ! Ces personnes sont présentées comme des fêtards alcoolisés qui s'éclatent à faire des beuveries. Visiblement il s'agit de zoophiles. Cette scène est là pour nous expliquer qu'ils ne se rencontrent pas "que" pour avoir des relations avec les animaux.

Nous n'avons pas encore d'images à proposer, mais les images d'illustration n'aident vraiment pas ! les personnes qu'on peut voir à l'écran ont des regards de pervers. La voix off explique qu'ils allaient "harceler" les animaux dans la nuit, on peut les voir, dans une image sombre, avec divers instruments dans les mains, présentés comme "instruments de torture".

Mais c'est là la base même de ce documentaire : les zoophiles qui étaient les proches de M. Hand sont là pour s'exprimer, il n'y a aucun débat d'idées, aucune confrontations de point de vue, chacun s'exprime comme il le souhaite. Robinson Devor souhaitait donner une vitrine à ces personnes qui n'avaient pas pu s'exprimer jusqu'à présent.

Le poney pipeur

C'est ainsi que vers la fin du documentaire, on a droit à la sauveteuse qui explique qu'elle était venue chercher un étalon, et qu'au moment de le charger dans le camion, un poney a surgi, et a taillé une pipe à l'étalon. Ceci est complètement impossible et risible ("Oui, et puis Satan a surgi de derrière avec sa fourche et sa grande queue !"©).
Il s'agit donc d'une vitrine où chacun raconte son point de vue qui lui est propre.

La fuite

ZooFuite.jpg
Encore un soucis des images d'illustration : Certaines personnes expliquent que, après l'accident, lorsque les médias et la police fouillaient d'un peu trop près, ils ont pris peur, et ont décidé de supprimer leur CD "La chaudière était remplie de CD". Les images d'illustration montrent à ce moment un personnage, courant comme un fou avec un saut rempli de CDs à ras bord, fuyant à travers champs dans la boue, franchissant un ruisseau, perdant un CD au passage, puis disparaissant on ne sait où (il y a des champs à perte de vue, et lui qui court avec son seau rempli de CD...). Plus tard, quand la police a trouvé un "motif" pour les coincer, ils retrouvent miraculeusement un CD qui était tombé près du cours d'eau (intitulé "big dick", qui est visiblement le surnom donné à l'étalon qui a tué Mr Hands). Attention donc à ces images d'illustration.

La corde du pendu

Corde.jpg
Un autre point négatif : Lorsque la sauveteuse débarque dans le centre équestre, un gars l'emmène dans un box, où un ballon et une corde sont pendus au centre du box. On s'attend à ce qu'ils trouvent une explication foireuse au rôle de cette corde. Le type explique qu'elle peut coulisser (il y a un nœud coulant à l'extrémité), et que ça permet d'attacher le cheval par une guide, sans pour autant qu'il s'échappe du box, ceci afin d'apprendre à monter dessus, ou à le faire grimper par des gens (là on a différentes interprétations, en anglais j'ai retenu le mot "mount").

Est-ce que cette scène a un lien avec la zoophilie, ou est-ce uniquement une pure explication d'un procédé d'équitation tout ce qu'il y a de plus "normal"?

Le point positif

Le point positif (je crois que c'est le seul gros point positif, qui dure 5 secondes hélas): Un commentateur à la radio explique, à propos du consentement "le consentement ? Enfin... nous sommes en train de parler d'un être humain, avec ... avec un cheval ! comment cela peut-il être possible sans consentement !?". Mais le point de vue n'est pas développé plus que cela.

A d'autres moments, l'aspect "sensuel" et "amoureux" est abordé, notamment avec une scène de nuit, avec Mr Hand qui va voir un cheval, nu. Là encore la mise en scène n'aide pas, avec des images psychédéliques.

ZooNight.jpg

Le visionage des films

Que dire de cette séquence, où la police force certaines personnes (5 ou 6 personnes dont les propriétaires du ranch) à regarder les vidéos tournées, où l'ont peut voir Mr Hand (vidéos que l'on trouve partout sur internet, qui tourne en boucle à l'écran). Déjà dans la réalité, je ne suis pas sûr que cela se soit passé de CETTE façon-là, ensuite, ici encore les images d'illustration n'aident pas dans le sens du documentaire : la réaction des personnes est un peu surjouée, limite ils vont vomir devant la caméra...
De plus, on peut voir certaines images en clair, tirées des vidéos. Je ne suis pas pour la censure, mais je ne pense pas que montrer ces quelques scènes soit vraiment nécessaire pour comprendre le sens de ces vidéos.

La bande son

Le réalisateur s'est lâché sur la bande son. Le film a été primé lors de sa première diffusion publique, au festival Sundance, pour la beauté de ses images.
Mais la bande son, quasiment incessante sur toute la durée du film, fait penser à quelque chose de mystérieux, incompréhensible.
Voici un extrait audio accompagnant la sauveteuse qui vient chercher les chevaux, juste avant le passage de la corde dans le box:
Ecouter l'extrait (ogg)

Autres

Autrement, on aperçoit les zoophiles comme un groupe de fêtards alcooliques, mais M. Hand était ingénieur à Boeing, et ceci est montré de façon maladroite dans le documentaire. On le voit à un moment bien sapé, dans son appartement, en pleine nuit, ce qui tranche avec la vie de la campagne. Mais le contraste demanderait plus de mise en valeur.
Il y a pas mal de témoignages qui sont là, et qui n'ont rien à voir avec l'histoire, comme cet acteur qui joue le rôle du policier, qui explique pourquoi ce rôle lui tient à cœur "j'ai déjà pu tenir un cadavre dans mes bras, c'était un enfant de 7ans qui s'est noyé dans sa piscine, et je me demande à quoi peuvent penser les gens sachant qu'ils vont mourir". Ou encore la sauveteuse de chevaux qui raconte une anecdote à propos d'un cheval qu'ils ont eu à sauver, ses yeux percés par des ronces. Au début j'ai bien cru qu'ils parlaient d'un des chevaux de la ferme zoophile.

J'ai trouvé ce documentaire creux, beaucoup de points n'étant pas abordés, car se focalisant uniquement sur le décès de M. Hand. L'amour, la passion pour les chevaux ne sont que très peut abordés, le pourquoi de leur zoophilie n'est pas abordé (ils parlent d'internet, mais ces gens se sont ils intéressés aux chevaux parce qu'ils en ont entendu parler par le net ? sont ils nés comme ça ? Un peu de psycho aurait été la bienvenue).

Quelques points restent à éclaircir: dans les images d'illustrations, on peut voir un survol de la copie conforme de l'acte de décès, où la perforation est due à un cheval (ou une pénétration), enfin le mot cheval y figure. Comment pouvaient ils le savoir ? (à savoir si ce papier a été rédigé après l'enquête)

Ensuite, dans les articles de presse qu'on a pu découvrir à l'époque sur le net, ils avaient laissé M. Hand à l'hôpital, puis une enquête a été ouverte, la police a débarqué dans cette ferme et a découvert les enregistrements. Dans le documentaire, ils disent que la police a suivi la voiture de l'hôpital à la ferme, et les images montrent qu'ils sont tombés sur les CD en cherchant dans les champs alentours. C'est un détail, mais qui croire dans l'histoire ?
Il y a un souci sur la crédibilité des témoignages, que ce soit du côté de la police, ou de la sauveteuse d'animaux. Comment mettre en cause le témoignage d'une telle personne, sensée être experte, malgré le passage où cette "experte" explique qu'un poney a surgi pour tailler une pipe à l'étalon, ce qui est totalement risible.

Malgré tout ces points négatifs, il y a une chose à mettre en valeur : Les interventions de la sauveteuse d'animaux se résument à :

  • La présentation de l'affaire, avec le coup de téléphone pour lui expliquer qu'il s'agissait d'un cas de bestialité
  • On a secouru un cheval auquel on a du amputer les yeux.
  • Un poney a surgit de nulle part et a taillé une pipe à l'étalon.
  • Pour éviter qu'un autre zoophile ne vienne récupérer l'étalon, on a pris la décision de le castrer la nuit-même.
  • Ses pensées personnelles à la fin du film, où elle explique qu'elle cherche pourquoi les zoophiles agissent ainsi, avec la phrase de fin "je suis sur le point de trouver.".

Pour les deux avant-derniers exemples, les images d'illustration détruisent, dans un sens, ses propos : On peut voir un poney surgir de nulle part, au ralenti, comme un ange tombé du ciel.
Pour la castration, on voit des moyens incroyables mis en place, une vraie salle d'opération, afin de "sauver le cheval de ces sales zoophiles". En gros, on lui coupe les couilles pour lui sauver... son âme peut-être. Bravo pour une association de sauvetage !

Le lien avec la réalité

Je suis en train de rédiger un article sur la vraie histoire, en essayant de faire une synthèse entre ce documentaire et les différents documents trouvables sur internet.
L'article est dispo ici.

Pour aller plus loin

J'ai trouvé une interview en anglais, sur le site http://www.slate.com/id/2164656/fr/flyout qui ouvre de nombreuses questions.
Tout d'abord, ça permet d'avoir un avis supplémentaire de personnes non zoophiles sur ce documentaire. Ainsi, ce que j'appelle beuverie, est considéré positivement : ça montre que ces zoophiles sont comme tout le monde, ils ont passé thanksgiving ensemble par exemple.
Ils parlent aussi de la scène de fin, à propos de la castration de l'étalon : Pour le sauver, on doit le castrer, et ceci est décidé par la personne qui doit sauver ce cheval.
On arrive naturellement au point de vue suivant : Les animaux, dans notre société, sont considérés comme des objets : On les fait se reproduire, on les vend, on les achète, on les mange, on les fait travailler. Mais on ne doit pas les utiliser comme objets sexuels, car ils ne peuvent pas donner leur consentement. C'est tellement surprenant comme point de vue, que je pense qu'il est inutile d'aller plus en avant dans la démonstration.

Un article assez long dans la revue allemande Néon a été consacré à cette affaire[2].

Les personnages

  • Coyote, zoophile qui témoigne à visage découvert, jouant son propre rôle.
  • H, zoophile.
  • Happy Horseman, zoophile.
  • Jenny Edwards, jouant son propre rôle, fondatrice d'une association locale de sauvetage de chevaux nommée 'Hope for Horses'.


«D'une certaine façon, c'est un western classique. Sauf qu'ici, c'est le cheval qui monte sur l'homme.» L'acteur John Paulsen, commentant le film Zoo, dans lequel il incarne un homme aux pratiques zoophiles[3].

Casting

Coyote
Jenny Edwards
John Edwards
John Paulsen
Richard Carmen
Russell Hodgkinson
Tom Formally
M. Hands
Le père de M. Hands
Source:http://www.cannes2007.com/casting=81604.html

Fiche Technique

Réalisateur Robinson Devor
Scénaristes Robinson Devor, Charles Mudede
Image Sean Kirby
Son Ollie Glatzer
Musique Paul Matthew Moore
Montage Joe Shapiro
Attaché de presse Agence Dark Star
Distributeur Colifilms Distribution
Source : http://www.cannes2007.com/casting=81604.html


DVD

Le DVD est sorti en Zone 1 (US) et comporte les sous-titres anglais uniquement.
Vous pouvez le trouver chez Amazon.
Vous pouvez trouver une traduction des soustitres en français sur cette page (merci à philozof pour la traduction): Traduction

Liens

Voici une série de liens où des personnes parlent de ce film.

Voir également sur le ziki

Notes

  1. http://kathleencfennessy.blogspot.com/2006/11/cinema-of-robinson-devor-from-girl.html
  2. Ingo Mocek, « Sex - Mensch liebt Tier », Neon, 4 mars 2009
  3. Libération 26 mai 2007
Category:Documentaires